jury dans un festival d’image sous marine, quand on fait de la photographie terrestre !

Il y a quelques semaines, les responsables de l’association Subl’image, m’ont contacté pour me demander si je souhaitais faire parti du Jury pour le concours du 7ème festival de l’image sous-marine organisé du 7 au 11 septembre 2016 à Nouméa. Ils ont été séduit notamment par mon travail sur les baleines à bosse et ont également apprécié la qualité des visuels que j’ai présenté lors de ma dernière exposition « Blackstone, au coeur du Vanuatu ».

Loin de me douter qu’on puisse un jour faire appel à mes compétences pour ce type d’exercice, j’ai été honoré de pouvoir contribuer à évaluer les photographies de mes confrères photographes et décerner les différents prix. J’ai pris cela comme véritable challenge car n’étant photographe sous marin, il fallait que j’évalue les oeuvres proposées.

Cette difficulté venait certainement du fait que l’univers de la photographie sous marine, et de façon plus générale de l’image sous marine m’était complètement inconnu. Bien que mes connaissances me permettent d’apprécier les choix techniques proposées par les photographes, elles ne me suffisaient pas à être pertinent pour attribuer des notes aux différents visuels. Il fallait donc se résoudre à trouver une autre méthode pour pouvoir juger les images de façon efficace.

M. André Ruoppolo et Hmej.
André Ruoppolo et Hmej.

C’est grâce à l’expérience de notre président de jury, André RUAUPPOLO, un figure emblématique de l’image sous marine, de sa femme Martine et des autres membres du jury que nous sommes parvenus à classer les différentes photographies, courts métrages, clips, diaporamas et séries thématiques.

Le jury étant très hétéroclite, chacun d’entre nous émettait des avis sur la base d’un ressenti général, la façon dont on était impacté par ce qu’on jugeait. Certains étaient plus sensibles aux espèces photographiées d’autres à l’engagement des photographes et à la difficultés liées aux conditions de prise de vue. Je dois bien reconnaître que j’étais plus sensible aux ambiances et à l’émotion que dégageaient toutes les images. Le travail sur la lumière et la façon dont elles mettaient en valeur les différent sujets. Si quelques photographes avec une bonne maîtrise technique ont proposé des visuels de bonne qualité, d’autres ont fait des choix créatifs en travaillant leur lumière (contre-jour, ambiance colorimétrique…) ou leur composition. C’est au final cela à mon sens qu’on attend d’un photographe quelque soit ses sujets de prédilections: de travailler ses lumières et ses compositions.

Ce propos m’amène donc à avoir cette réflexion, qui j’espère pourra servir de conseil aux autres photographes:

    le choix et la pertinence des images proposées au concours:
    J’ai été particulièrement surpris de voir notamment que les photographies présentaient au concours du festival étaient parfois peu pertinentes. J’ai eu l’occasion en amont du festival de découvrir le travail de photographes sous marin (présents au festival) en allant à leur rencontre et en les interviewant. J’ai pu voir parfois de biens meilleures photographies dans les séries thématiques ou dans les diaporamas qu’ont réalisé les photographes alors qu’au final on devait juger la cohérence des images avec le sujet traité.
    Les photographies ont deux valeurs: la valeur que porte l’auteur à son travail et ce qu’elles suscitent chez celui qui la regarde. Ces deux aspects ne sont pas opposées mais doivent être dissociées. La plupart des photographes ont choisi leurs photos en fonction du lien affectif qui les lient à elles notamment au travers du souvenir de ce qu’ils ont vécu au moment de la prise de vue. Le choix ne peut être objectif et le regard qu’ils portent sur leurs images sera forcément faussé. L’auto critique est donc plus qu’importante! je pense qu’il faut être capable de remettre en question ses propres choix ne pas se laisser envahir par sa propre émotion.

 

    l’exigence qualitative:
    On ne peut pas dire que les visuels présentés au concours et exposés au festival, aient été d’une grande qualité. En effet la qualité des impressions n’était pas au rendez-vous et desservait grandement les photographies. A mon sens, il est de la responsabilité des photographes d’avoir une exigence qualitative sur le rendu de leurs images et leurs aspects visuels. Le photographe doit être en mesure de pouvoir dire que le tirage n’est pas bon, d’être capable de travailler avec son imprimeur pour préparer au mieux l’impression des photographies.

 

    le traitement excessif en post production pour pallier aux défauts techniques liés à la prise de vue :
    C’est ce qu’on appel « jouer du curseur »! C’est n’est pas forcément bon. Une photographie pour qu’elle soit bonne doit être travaillée dès la prise de vue. C’est la lumière est la façon dont on la travaille au moment de shooter qui rend l’image belle. C’est important de prendre le temps lorsqu’on photographie. Le post traitement ne sert qu’à embellir l’image. Si elle n’est pas bonne dès la prise de vue, elle ne sera pas meilleure pour autant après un traitement de choc dans les logiciels spécialisés. Travaillez donc vos lumières et vos compositions!!

 

    Accepter la critique:
    Lorsqu’on soumet son travail aux regards des autres, il faut accepter qu’il puisse ne pas forcément être apprécié. Nous avons tous nos propres perceptions et façon de ressentir les choses. On a souvent l’impression que les photographes face aux remarques ou critiques des autres prennent cela comme une remise en question de tout leur engagement à faire de la photographie. On ne peut que saluer cet engagement et la passion de tous, mais l’appréciation n’est que subjective. Toutefois lorsque que la critique concerne un point technique elle ne peut être qu’ objective et unanime! Il faut savoir rester humble face à son travail et être en mesure de reconnaître ses carences. Assumer les choix qu’on fait à la prise de vue et pouvoir les justifier est certainement la meilleure façon de s’armer face à la critique.

 

    Eviter le hors sujet:
    Bien lire les conditions du concours avant de présenter son image, peut éviter à coup sur certaines déconvenues!!!

 
Pour conclure ce post, je tiens a remercier vivement l’association pour avoir fait appel à moi. Ravi d’avoir pu participer à ce 7ème festival. C’était une belle expérience en tant que membre du jury, partagée avec les autres membres: André RUAUPPOLO, Hmej WENEHOUA, Fabien CAILLEAU, Jean François HERVE.

1 Commentaire jury dans un festival d’image sous marine, quand on fait de la photographie terrestre !

  1. CHARRIERE 20 octobre 2016 at 1 h 46 min

    Merci Arnaud pour ces commentaires très instructifs.
    Je vais les partager sur notre page FB, pour qu’un maximum des photographes lise tes avis.

    A très bientôt.

    Sylvain

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